Tout savoir sur les modèles et l’histoire de la marque Daewoo en France

Avant de devenir un souvenir pour les passionnés d’automobile, Daewoo a occupé une place singulière sur le marché français. La marque coréenne proposait des véhicules neufs à des tarifs bien en dessous de la concurrence européenne, ce qui lui a permis de séduire une clientèle pragmatique durant les années 1990. Comprendre l’histoire de Daewoo en France, c’est retracer le parcours d’un constructeur passé par cinq noms différents avant de disparaître du paysage automobile européen.

Daewoo avant Daewoo : les origines méconnues du constructeur coréen

Le constructeur que les Français ont découvert dans les années 1990 existait en réalité depuis plusieurs décennies en Corée du Sud, sous des identités successives. Tout commence en 1937 avec une entreprise appelée National Motor, qui assemblait des camions japonais sous licence.

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En 1962, la société est renommée Saenara et commence à produire des Nissan Bluebird sous sa propre marque. Puis Shinjin reprend Saenara en 1965. En 1972, Shinjin forme une coentreprise avec General Motors, donnant naissance à GM Korea.

Le groupe industriel Daewoo entre dans le capital en 1976, et il faut attendre janvier 1983 pour que le constructeur prenne enfin le nom de Daewoo Motors. Cinq changements de nom en quelques décennies : Saenara, Shinjin, GM Korea, Saehan, puis Daewoo. Cette trajectoire explique pourquoi la marque avait déjà une longue expérience industrielle quand elle s’est tournée vers l’Europe.

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Pour retrouver l’ensemble des modèles et références liées à cette marque, une ressource utile reste daewoo-automobile.fr, qui regroupe les fiches des véhicules commercialisés en France.

Gamme Daewoo en France : des modèles positionnés sur le prix

Vous avez déjà croisé une Matiz dans une rue française sans forcément la reconnaître ? Cette petite citadine colorée résume bien la stratégie de Daewoo sur le marché hexagonal : proposer une gamme complète à des prix très inférieurs à la concurrence.

Concessionnaire Daewoo en France présentant une Matiz rouge dans un showroom

La gamme française couvrait plusieurs segments, de la citadine à la berline familiale. Voici les modèles qui ont marqué le catalogue :

  • La Daewoo Matiz, citadine compacte devenue le modèle le plus reconnaissable de la marque, appréciée pour son gabarit urbain et son coût d’achat réduit.
  • La Daewoo Nubira, berline compacte disponible en plusieurs carrosseries (berline, break, cinq portes), qui ciblait les familles avec un budget serré.
  • La Daewoo Espero, berline intermédiaire au design soigné pour l’époque, positionnée face aux Peugeot 405 ou Renault 19 à moindre coût.
  • La Daewoo Leganza, berline plus haut de gamme dessinée par Italdesign Giugiaro, qui tentait de rivaliser avec des modèles européens plus établis.
  • La Daewoo Evanda, dernière grande berline de la marque, commercialisée juste avant la disparition du nom Daewoo en Europe.

En Corée du Sud, le segment des grandes berlines domine les ventes depuis longtemps. Daewoo a tenté de transposer cette logique en Europe, un pari risqué pour un constructeur perçu comme low-cost. La Leganza et l’Evanda n’ont jamais atteint les volumes espérés sur le marché français.

Crise asiatique et rachat par General Motors

La fin des années 1990 a été brutale pour Daewoo. La crise financière asiatique de 1997-1998 a frappé de plein fouet les conglomérats coréens. Le groupe Daewoo, endetté massivement, n’a pas survécu au choc. Daewoo Motors a été placé en faillite en 1999.

General Motors, déjà lié historiquement au constructeur coréen depuis les années 1970, a racheté la majorité des actifs automobiles en 2002 pour créer GM Daewoo Auto & Technology. Cette opération a donné à GM un accès direct à des usines performantes et à des plateformes de véhicules compacts adaptées aux marchés émergents.

Daewoo Nubira break des années 2000 lors d'un rassemblement de voitures anciennes en France

Pour le consommateur français, le changement s’est traduit progressivement. À partir de 2005, les modèles Daewoo ont été rebadgés sous la marque Chevrolet. La Matiz est devenue la Chevrolet Matiz, la Nubira a pris le nom de Chevrolet Lacetti. Le logo a changé, mais les bases techniques restaient identiques.

Daewoo en France après Chevrolet : une marque devenue orpheline

Ce que beaucoup d’articles ne détaillent pas, c’est ce qui s’est passé après la phase Chevrolet. Au cours des années 2010, GM a progressivement recentré sa stratégie européenne sur Opel. Les modèles Chevrolet issus de l’ancienne gamme Daewoo ont quitté les catalogues français les uns après les autres.

Résultat : la marque Daewoo n’existe plus ni en distribution ni en après-vente officielle sur le marché français. Les anciens véhicules Daewoo encore en circulation sont considérés comme des voitures « orphelines », c’est-à-dire sans réseau constructeur dédié.

Concrètement, les propriétaires d’une ancienne Matiz ou Nubira doivent se tourner vers des garages multimarques indépendants pour l’entretien et les pièces détachées. Les modèles les plus récents, rebadgés Chevrolet, bénéficient parfois d’un suivi via le réseau Opel (lui-même passé sous contrôle de Stellantis), mais sans garantie de couverture complète.

Un détail souvent ignoré : la marque Daewoo continue d’exister en France dans l’électroménager. Daewoo Electronics, devenue Winia, commercialise toujours des produits (micro-ondes, réfrigérateurs) sous le nom Daewoo dans l’Hexagone. La marque automobile a disparu, mais le nom reste visible dans les rayons des magasins d’équipement ménager.

Le parcours de Daewoo en France illustre un phénomène récurrent dans l’industrie automobile : un constructeur peut proposer des véhicules fiables et accessibles sans parvenir à construire une image de marque assez solide pour survivre à une crise financière. Les voitures coréennes ont depuis largement conquis le marché français, portées par Hyundai et Kia, mais Daewoo n’a pas eu l’opportunité d’accompagner cette montée en gamme.

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